| Salsa 'on two' ? |
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Danser 'on two' au sens où on l'entend aujourd'hui, c'est employer une structure de pas où les moments de mise en tension (qui amorcent les ‘passes’ et les déplacements) se placent sur le 2e et le 6e temps de la musique, que l'on compte en 8 temps. Dans ce style, les danseurs se déplacent ‘en slot’ : face à face au départ, ils intervertissent leur position de manière répétée tout au long du morceau, en restant (théoriquement :o) dans la surface approximative du rectangle de départ. A certains moments - commandés par la musique et l'humeur des partenaires, l'homme arrête de guider sa cavalière et chacun se lance dans une improvisation de pas en solo ('open shines'). En harmonie évidente avec le motif rythmique des 'congas' (‘tumbao’) et avec la ‘clave’, cette manière de se placer sur la musique s’inscrit physiquement dans la lignée du 'son' et du ‘cha cha cha’ cubains, et les danseurs initiés à cette tradition musicale en apprécient tout particulièrement la saveur (‘sabor’ :o) ainsi que les variantes infinies et la structure ludique. Certains débutants ‘bloquent’ parfois devant la richesse et la subtilité rythmiques des morceaux salsa, et ne voient pas l'intérêt d'apprendre un pas de base qui leur paraît d'autant plus difficile qu'ils ne distinguent que vaguement les 8 temps de la musique. Ceux qui persévèrent deviennent pourtant des danseurs complets, capables de pratiquer les autres styles avec bonheur et finesse - 'Qui peut le plus, peut le moins...' Mais il m'arrive aussi de croiser sur une piste d'anciens élèves qui ont préféré des cours plus ‘rudimentaires' par impatience (souvent 'on one'…), et je me sens un peu triste à les voir tellement peu profiter de toutes les possibilités de la musique qu’ils n’entendent pas, faute de s’y être entraînés. Et il s'agit parfois de personnes qui avaient de réelles aptitudes au départ… La plupart des danseurs 'on two' dansent sur le pas de base 'tipico' (une évolution du 'montuno', le timing original du 'son' cubain, qui se danse d'ailleurs encore de cette manière - 'a contratiempo' - à Santiago, dans l'Este de Cuba). Le 'tipico' s'est développé à New York, en relation avec l'enrichissement technique du 'mambo' et notamment avec la succession de tours rapides qu'affectionnent les danseurs là-bas. Il englobe le 'montuno' qui en est devenu un effet 'con sabor'. On oppose souvent danser 'on two' à danser 'on one', en les plaçant (à tort, selon moi) sur le même plan. J’ai moi-même dansé 'on one' pendant sept ans avant de me rendre compte des possibilités enthousiasmantes que représentait le fait d’employer tous les temps de la musique comme on peut naturellement le faire 'on two', et de presque tout réapprendre (difficilement, je dois l'avouer...) Pour ceux qui préfèrent une approche plus intuitive et moins structurée que celle des cours, je signale qu’il existe une manière traditionnelle de danser la salsa un peu méconnue du public d’aujourd’hui, où on fait le ‘break’ (moment où on avance ou recule) sur le 3e temps de la musique ('on three'). Les danseurs 'de la calle' (‘de la rue’), qui n'ont pas ou peu de notions théoriques, préfèrent souvent d’instinct ce timing dans lequel je trouve que l'on 'colle' beaucoup mieux à la musique salsa que ‘on one’. Alain Vander Linden - 2007 |

